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Le poignettage chez Maison Abelé 1757, un geste réinventé

13 mars 2026

Pour ajouter à ses cuvées en édition limitées un supplément d’âme, une touche unique, la Maison Abelé 1757 a repensé le travail de poignettage des bouteilles. Geste ancestral réinventé pour sublimer nos cuvées et parfaire leur vieillissement.
A ce jour, seules nos deux cuvées éphémères en ont bénéficié : Abelé 1757 Blanc de Blancs Extra-Brut, proposée en seulement 1757 exemplaires en 2024 et Abelé 1757 Extra-brut élaborée en 3514 exemplaires disponibles depuis octobre 2025. C’est un geste rare en champagne qui demande beaucoup de temps et de travail pour offrir un résultat exceptionnel.

Un geste ancestral au cœur du savoir-faire Abelé 1757

Dans l’élaboration d’un grand champagne, certains gestes traversent le temps sans jamais perdre leur sens. Parmi eux, le poignettage occupe une place singulière.
Cette gestuelle consiste à agiter délicatement la bouteille afin de remettre en suspension le dépôt qui s’est formé naturellement dans la bouteille après la prise de mousse. Ce dépôt, appelé les lies, résulte de la fermentation en bouteille et se compose essentiellement de levures.

Traditionnellement, ce geste est réalisé juste avant le remuage, afin de décoller un dépôt parfois adhérent à la paroi interne de la bouteille, dans un objectif principalement esthétique. À ce stade, le poignettage joue surtout un rôle esthétique et ne vise qu’à préparer la
bouteille à sa phase finale d’élaboration.

Chez Abelé 1757, cette technique a été repensée, enrichie et intégrée beaucoup plus tôt dans la vie du champagne. Cette technique ancestrale dépasse aujourd’hui sa fonction originelle pour devenir un véritable outil
d’expression œnologique
, au service de la finesse, de la complexité et de
l’équilibre des cuvées, notamment des éditions limitées dosées en Extra Brut.

Les lies, pilier du vieillissement des champagnes

Les lies jouent un rôle central dans la qualité des champagnes. Issues des fermentations alcooliques, elles se déposent naturellement au fond de la bouteille puis entrent progressivement dans un processus lent et complexe appelé autolyse.

Durant cette phase, qui va durer 4 ans pour nos cuvées non millésimées et plus de dix ans pour nos cuvées millésimées Le Sourire de Reims, les levures se dissolvent et libèrent des composés essentiels au champagne.
Cette dissolution apporte plusieurs qualités majeures aux champagnes.

Tout d’abord, la finesse de la bulle : l’autolyse libère des manoprotéines et des polysaccharides qui contribuent à affiner l’effervescence et à protéger la bulle lors de la dégustation.
Ensuite, la complexité aromatique : des précurseurs d’arômes se transforment lentement, enrichissant la palette du champagne au fil du temps.

Enfin, la capacité de vieillissement : l’autolyse favorise un milieu réducteur, limitant l’oxydation et permettant une conservation harmonieuse sur de longues années.

Dynamiser l’autolyse grâce au poignettage

Chez Maison Abelé 1757, le choix a été fait de dynamiser ce processus naturel. En pratiquant un poignettage régulier — trimestriel ou semestriel selon les cuvées — les lies sont remises en suspension, accélérant et intensifiant l’autolyse.
Cette approche peut être comparée au bâtonnage utilisé lors de la vinification des grands vins blancs. Le principe est similaire : remettre en mouvement les lies pour amplifier leur interaction avec le vin. Le résultat est une expression plus profonde, plus texturée et plus harmonieuse du champagne.

« Donc le fait de répéter de manière trimestrielle, semestrielle, en fonction des dégustations, des expérimentations, le fait de réaliser cette technique de poignettage sur les champagnes Abelé 1757 permet de développer, de bonifier la qualité de nos cuvées de champagne. » E. Eteneau, Chef de Caves

Une technique au service des cuvées Extra Brut

Ce travail artisanal trouve tout son sens dans l’élaboration de cuvées à faible dosage, comme nos cuvées Extra Brut en édition limitée.
Avec un dosage parfois inférieur à trois grammes par litre, ces champagnes offrent une grande pureté mais peuvent, sans accompagnement, présenter une finale plus courte ou plus stricte.

Le poignettage permet alors d’apporter volume, longueur en bouche et équilibre, tout en conservant la tension et la fraîcheur caractéristiques des Extra Brut. La bouche gagne en ampleur, la finale s’étire avec élégance et la bulle devient plus soyeuse.
C’est pour cette raison que seules certaines cuvées, souvent en édition limitée, bénéficient de ce travail exigeant.

La main de l’artisan, garante de la précision

Si le poignettage pourrait théoriquement être automatisé, Abelé 1757 a fait le choix de la main de l’homme. Chaque bouteille est manipulée individuellement par les cavistes de la Maison.

« Toutes les lies ne se comportent pas de la même manière : certaines sont plus légères, d’autres plus denses. L’intensité du geste doit être ajustée avec précision, sous le regard attentif de l’artisan.
Cette vigilance constante garantit une remise en suspension homogène, sans choquer la bouteille ni altérer son intégrité. Je pense que c'est aussi une des raisons pour laquelle la main de l'homme, la main de l'artisan reste
particulièrement importante dans cette étape. » E. Eteneau, Chef de Caves
 

Ce travail minutieux, bouteille après bouteille, confère au champagne un supplément d’âme, impossible à reproduire mécaniquement.

Une pratique rare, presque unique en Champagne

En Champagne, le poignettage est le plus souvent limité à une seule intervention technique, juste avant le remuage. L’utiliser comme un levier
qualitatif
, répété dans le temps pour enrichir l’expression du vin, reste
exceptionnel.
Chez Abelé 1757, cette démarche s’inscrit dans une volonté assumée de prendre le temps, d’expérimenter, de déguster et d’ajuster chaque cuvée. Le rythme du poignettage, son intensité et son arrêt relèvent d’un savoir-faire précis, fruit de nombreuses dégustations et d’une expertise patiemment construite.
Le poignettage, tel qu’il est pratiqué à la Maison Abelé 1757, est bien plus qu’un geste technique. Il incarne une vision artisanale et exigeante du champagne, où chaque intervention vise à révéler l’équilibre, la complexité et l’élégance du vin.

« Ces cuvées bénéficient réellement de ce travail manuel, de ce travail artisanal. Et c'est dans cette optique là que le travail de poignettage est un travail rare, quasiment unique en Champagne. Et je ne vous dirai pas tous les secrets, parce qu'il y a quand même des choses que je
souhaite garder, notamment sur à quel moment positionner le poignettage dans la vie de la bouteille, à quel moment choisir d'arrêter le poignettage, etc. »
E. Eteneau, Chef de Caves

 

Rare en Champagne, cette pratique contribue à forger le style unique des cuvées Extra Brut de la Maison, offrant des champagnes d’une grande finesse, portés par le temps, la main de l’homme et un profond respect du savoir-faire ancestral.